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Les origines du Garden Railway (Les trains de Jardin)

Les trains de jardin et le "vrais" trains ont voyagés côte-à-côte depuis les tous débuts. Il y a plus de 150 ans, l'industrie des trains-jouet en était à ses débuts; tout comme l'industrie des véritables trains. Durant plusieurs décennies, le développement des trains miniatures a suivit de très près celui des trains réels.

Les ingénieurs se servaient alors de trains-modèles pour prouver certaines théories. Ils présentaient ainsi leurs idées au public. Le public a vite raffolé de voir ces maquettes de trains se comporter comme les trains grandeur nature.

Le concept de réseau complet de trains miniatures n'était alors qu'un simple pas à franchir. Comme aucune compagnie de trains miniatures n'existait, il fallait tout faire soi-même. Ou payer un artisan pour exécuter le travail.

Tout comme les véritables trains, leur moyen de motion était la vapeur. Comme nous sommes encore loin de l'ère de la miniaturisation, ces modèles primitifs étaient fait à une échelle assez grande. Ce qui nécessitait leur utilisation dehors.

Comme dans toute bonne société capitaliste, des investisseurs se sont vite rendu compte du potentiel économique des trains-jouets. Dans le pays qui a vu naître ce moyen de transport, la Grande-Bretagne, les manufacturiers se sont mis à pousser comme des champignons. Puis en Allemagne.

Pratiquement toute personne sachant travailler le métal et ayant l'équipement nécessaire, s'est mise à fabriquer des trains miniatures. Les modèles étaient plus ou moins sophistiqués. Mais le chaos ne tarda pas à s'installer dans cette industrie. L'échelle et l'écartement des voies ne respectait aucun standard. En fait, chacun avait son propre standard, sa propre échelle. Vous voulez venir rouler un train chez moi? Les chances que nos échelles soient compatible sont... très minces.

La standardisation.

Un beau jour, en 1880, la compagnie Märklin, de Nürnberg (cette compagnie existe toujours!) décida d'introduire, à la joie de tous, des écartements de voie et des échelle standards.

Les trois premières échelle offertes furent baptisée, de façon très originale, Écartement 1, Écartement 2, Écartement 3 (gauge 1, gauge 2, gauge 3).

L'écartement 1 (1 3/4") était le plus petit. L'Écartement 3 (2 1/2") était le plus gros. Ces standards furent très rapidement adoptés par tous les manufacturiers en Europe, et quelques-uns en Amérique.

Encore aujourd'hui, ces écartements, même l'Écartement 1 de 1 3/4", demeurent des "grandes échelles". Peu de gens ont l'espace nécessaire pour se bâtir un empire à cette échelle à l'intérieur. Ils vont donc dehors.

Les modèlistes plus perfectionnés se sont mis à changer la configuration du terrain, y ajouter des plantes afin de créer une atmosphère. Le Garden Railway naissait.

 

Jardin ne veut pas dire jardinage

Examinons de plus près le terme Garden Railway (train de jardin). En Grande-Bretagne, le "jardin" n'est pas l'endroit où on cultive les légumes (le potager). C'est tout simplement la cour arrière. Le terme "Garden Railway" voulait simplement dire: "Les trains qui roulent dehors, dans la cour". Ce n'est que plusieurs années plus tard que le jardinage, tel que nous le connaissons aujourd'hui fût associé au "Garden Railway".

Avec les années 1900, les manufacturiers se sont vite rendu compte que les trains miniatures étaient beaucoup trop gros pour circuler à l'intérieur. Comme les gens s'achetaient de plus en plus de maisons en ville (avec une cour arrière réduite), il fallait trouver une solution.

On créa donc des combinaisons Échelle/Écartement beaucoup plus petit. Comme on avait déjà pris les chiffres 1, 2 et 3 (1 étant la plus petite échelle), on dû prendre le chiffre "0" pour l'Écartement de 1 1/4". Avec l'avancement de la miniaturisation, on put même rapetisser davantage. Ce qui donna naissance à un écartement qui était la moitié de l'Écartement "0". On appela cet écartement Demi-"0", ou, en anglais Half-0 (HO).

L'Écartment "0" pris rapidement de l'empleur. Ces trains pouvaient rouler en-dedans, mais aussi dehors. Les locomotives pouvaient être à vapeur (c'est d'ailleur la plus petite échelle à vapeur commercialisée) ou, pour une première fois, fonctionner à l'électricité. Une grande popularité de l'échelle signifie production de masse, baisse des coûts donc... abordable pour tout le monde. Tout ceux qui voulaient un train miniature pouvait désormais s'en procurer un.

Pendant ce temps, l'Écartement 1 demeurait considérablement populaire, surtout en Angleterre. Plusieurs très gros réseaux voyaient le jour dans les jardins des riches. Des réseaux plus modestes chez les gens moins fortunés. L'Écartement "0" était aussi beaucoup utilisé, surtout par des enfants qui apportaient leur réseau à l'extérieur pour y faire rouler leur Hornby ou leur Bassett-Lowke.

 

En Amérique, les trains rentrent à la maison.

Aux États-Unis, les choses évoluèrent différemment. L'Écartement 1 n'a pas eu le succès remporté en Europe. La compagnie Lionel (suivi par American Flyer) a développé ses propres écartements. Cette technique permettait d'empêcher l'envahissement de la compétition d'outre-mer. Leur écartement de 2 1/8" était baptisée "Écartement Standard".

Avec cette méthode, Lionel a réussit à s'imposer comme fournisseur majoritaire de trains miniatures pour l'Amérique. Toute leur littérature faisait la promotion de l'utilisation des trains miniatures à l'intérieur. Le marketing de cette compagnie était tellement efficace que l'imaginaire collectif en était marquée. Il était maintenant inconcevable d'utiliser un trains miniatures dehors. Le Garden Railway avait très peu de chance.

Un petit coup de pouce pour le Garden Railway est venu dans les 1920 et 1930 de la compagnie de Chicago American Flyer. Ils annoncaient parfois leur produit comme étant "résistant dehors". Il y a aussi eu le célèbre système Buddy-L, dont le but était de rouler exclusivement à l'extérieur. Malgré la robustesse et la beauté de ces trains, le succès du Garden Railway ne vint pas.

Les trains de jardins furent quelques fois l'objet d'articles dans les publications de modèles miniatures. Mais ils étaient abordés comme des "curiosités" ou des "méthodes du passé". De l'autre côté de l'Atlantique, en Angleterre surtout, les choses allaient autrement. Le Garden Railway était plus fort que jamais. On en parlait de façon proéminente dans la presse de l'industrie.

 

La chute du Garden Railway

Avec la Deuxième Guerre Mondiale, la vie telle qu'elle se passait était en arrière.. pour toujours. Cette guerre apporta son lot d'invention, dont le plastique et la miniaturisation. L'Écartement 1 devint une relique du passé, et l'Écartement 2 et 3 étaient morts depuis belle lurette. Les échelles plus petites devinrent la norme. Elles permettaient de construire un plus grand empire, dans un espace plus réduit.

Cette aspect devint plus intéressant pour les gens qui revenait de la guerre et voulait établir une famille dans une maison où l'espace n'était pas très disponible.

L'Écartement "0" resta populaire pour quelques années encore. Avec la "disparition" des échelle plus grande, l'Écartement "0" devint la plus grande échelle disponible en Amérique. Fin des années 1940 et début des années 1950, c'était l'époque où chaque petit garçon avait sur sa liste pour le Père Noël un train Lionel.

Le Garden Railway était voué à la disparition. Ironiquement, c'est à cette époque qu'un Anglais du nom de R. E. Tustin publia, en 1949, le livre de Percival Marshall GARDEN RAILWAYS. Ce livre est encore aujourd'hui considéré comme LE livre sur le sujet. Il fût aussi le premier livre à définir les principes de construire un réseau extérieur à l'échelle et de l'entourer de plantes "à l'échelle".

Durant les années 1950 et 1960, le terme Garden Railway était disparu du vocabulaire nord-américain. Le hobby perda aussi énormément de faveur en Angleterre. Mais parce qu'il avait eu une immense popularité dans le passé, un petit nombre d'irréductibles continua dans cette échelle.

 

LGB ravive la flamme.

En 1969, la compagnie Ernst Paul Lehmann (LGB), fabricant de jouets depuis longtemps, introduisit un nouveau/vieux concept de trains miniatures. Leurs trains était principalement des modèles de lignes à écartement étroit d'Allemagne. Il était construit avec une toute nouvelle échelle , 1:22.5, et circulait sur les anciennes voie à l'Écartement 1.

Les trains LGB (Lehmann Grossbahn, ou Gros Trains) étaient construient pour rouler exclusivement dehors. Les pièces plus fragiles des moteurs étaient encastrées dans des compartiments étanches.

La ligne de produit LGB a vraiment constituée une révolution dans le monde du train miniature. Mais cette révolution n'atteint pas l'Amérique immédiatement. Les trains étaient très colorés, et représentaient des modèles européens. Ce qui leur donnaient un look plus "jouet" aux yeux des modèlistes sérieux. Les Anglais ont eux aussi eu cette attitude un peu conservatrice. Mais la compagnie persévéra et se mit à produire des modèles de trains de partout à travers le monde.

Quelques articles commencèrent à parler du potentiel de ces trains dehors. Ils étaient très résistants aux éléments de la nature. Charles Small, un célébre auteur d'articles de trains miniatures fit un article paru dans Model Railroader, milieu 1970. La flamme se rallumait.

À la même époque en Angleterre, une autre révolution s'amorcait: la renaissance de la vapeur vive (live steam). Ces modèles de trains qui fonctionne réellement à la vapeur furent jadis populaires mais moururent dans les années 1950. Fin 1960 et début 1970, une compagnie, Archangel Models (mené par Stewart Browne), fit renaître l'intérêt pour le live steam.

Jusqu'à cette époque, les locomotives à vapeur miniatures n'étaitent pas très fiables. Soit elles roulaient à 90 miles à l'heure jusqu'à ce que le carburant s'épuise, soit elles demandaient une constante attention, tout comme les vraies locomotives. Stewart raisonna que s'il pouvait produire une locomotive qui fonctionnerait à une vitesse réaliste, facile à opérer et qui ne coûterait pas les yeux de la tête, il aurait un gagnant. Et il l'a fait.

Les modèles d'Archangel étaient principalement des modèles de trains à écartement étroit. Ils étaient construits avec l'échelle 16mm au pied et circulait sur l'Écartement 1. Ils étaient gross, pesants et manquaient d'un certain raffinement, mais ils étaient aussi colorés, puissants et dociles.

Les articles de Jack Wheldon et Dave Rowlands dans la presse britannique assurèrent le succès du produit et de la compagnie.

 

Les trains de jardins aujourd'hui.

De là, les choses ont progressées. Une association (Gauge One Model Railway Association) a été créée au début des années 1960 en Angleterre pour faire la promotion du hobby. Cette association est bien vivante aujourd'hui. LGB a prospéré et aujourd'hui plusieurs grosses compagnies américaines (Aristo-Craft, USA Trains, Bachmann et même Lionel!) ont emboîté le pas. Ils ont construits autour du concept développé par LGB.

Pour compléter le portait, des dizaines et dizaines de petites compagnies-maisons fabriquent toute sorte de pièces et d'accessoires pour garder le hobby bien en vie. Le garden Railway est devenu une industrie par lui-même, bien différente de l'industrie du HO et N.

En Grande-Bretagne, plusieurs petites compagnies fabriquent des "live steam", ainsi que toute les accessoires et voies pour donner une gamme complète aux hobbyistes. Même LGB s'intéresse au marché Anglais.

En 1894, la revue Garden Railway est publiée pour la première fois. Aujourd'hui cette publication circule à 35 000 exemplaires autour du monde. Elle couvre l'ensemble des champs du Garden Railway, en accordant une importance particulière à l'intégration d'un chemin de fer miniature dans un jardin. La revue possède même sa propre chronique sur les plantes.

Même si le Garden Railway se pratique très différemment d'il y a 100 ans, l'influence de ses racines sont toujours clairement visible. L'esprit des maîtres de l'époque est toujours transcendente dans les réseaux les plus sophistiqués d'aujourd'hui.

Yvan-Martin Lévesque

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For an English text of the origins of Garden Railway, please visit: A Garden Railway History

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